Juil 02 2015

Big problème dans l’enseignement. Série 1/5

Le savoir sans savoir-faire n'est ruine de l'enseignement

Le but de la formation, n’est pas le savoir mais l’action.

Big problème dans l’enseignement

Voici le premier article d’une série de réflexions sur le sujet de l’enseignement qui tend à démontrer que nous avons privilégié le savoir au savoir -faire

Dès lors ou l’on confond Savoir et Connaissance ou en d’autres mots information et expérience on peut s’attendre à avoir des problèmes…

Sans autres préambules je vous livre le mail d’une professionnelle de la formation en tant que consultant, concepteur et administrateur de programme qui pour parfaire son statut…

…/ J’ai passé un master d’ingénierie pédago à l’université de N… l’année dernière et honnêtement c’était très bien d’un point de vue apports intellectuels mais je n’ai pas encore conscience d’une vraie maîtrise acquise durant cette formation…j’étais contente de rédiger un mémoire, de rencontrer des universitaires et de…réfléchir sur des sujets un peu déconnectés des réalités du monde du travail /…

Qu’est-ce que cela signifie ? Cette professionnelle de plus de 40 ans, fait un Master et au final remplie de mille et une informations sur le sujet de la pédagogie certes intéressantes, voire passionnantes mais qu’en est-il maintenant de la valeur des données reçues ?

« Une donnée n’a de valeur que dans la mesure ou l’on peut s’en servir. »

Oui, elle peut s’en servir pour tenir une conversation avec des universitaires mais qu’en est-il de leur usage en termes pratiques. Se sent-elle capable de concevoir un programme de formation puis de l’animer en étant assez confiante dans ses aptitudes à aider d’autres à accroître leur compétences* ? Dans ce cas précis la réponse est simplement non.

Alors la question qui se pose à nous est : De quelle pédagogie a-t-on usé pour obtenir un si piètre résultat ?

Cette histoire resterait anodine si la personne en question n’était pas une personne vraiment engagée à son métier, si elle avait suivi ce cursus en dilettante. Mais ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une personne réellement à la recherche d’un enseignement pouvant être utilisé de façon concrète et pratique pour l’aider à accroître sa valeur, celle qui, dans ce cas précis, consiste à aider d’autres à accroître leur propre valeur en termes de compétences !

La valeur d’un enseignement se mesure au niveau de savoir-faire utilisable dans la vie acquis par celui qui apprend

Le premier président d’Harvard était d’accord avec ce principe quand il déclarait que : « le but de la formation n’est pas le savoir mais l’action. »

C’est précisément ici que prend racine le big problème dans l’enseignement.

De plus, s’il s’agissait d’un cas isolé, nous pourrions accorder des circonstances atténuantes… mais en fait, elle n’est pas la seule, engagée dans la voie d’un Master… Ce sont des centaines, des milliers de personnes qui se retrouvent en possession d’une valeur des plus étranges : Cela donne l’impression de posséder quelque chose mais au final on ne peut pas l’utiliser. Cette valeur, faite d’informations et de méthodes pour les traiter, produit encore plus d’informations mais qui, à aucun moment, n’est converti en savoir faire !

En réalité c’est tout un système qui fonctionne sur cette base. Un système qui produit des flux d’informations à propos de ceci et de cela. Une information qui permet d’avoir des conversations avec des personnes qui partagent cette même information. Ils constituent d’ailleurs un groupe très hiérarchisé qui accorde du pouvoir au fur et à mesure que l’on grimpe dans la structure de maîtrise de toute cette information.

Il s’agit, vous l’aurez compris, d’un pouvoir extrêmement artificiel qui n’est pas vraiment en mesure d’aider à créer de véritables richesses… Pour la simple raison que les gens sortent de ce dispositif sans véritable savoir faire comme la personne donnée en exemple au début de cette réflexion.

Ce qui nous fait titrer : big problème dans l’enseignement.

Voyez-vous, si nous voulons conclure de façon très brutale, il suffit de considérer que la valeur d’une structure, se mesure aux résultats qu’elle produit.

Donc, en appliquant ce simple principe à l’ensemble du système que représente l’éducation nationale, malgré ses effectifs plus de 800.000 enseignants, ses centaines d’intellectuels de haut niveau, ses milliers de réunions de travail et tonnes de comptes rendus d’études en tout genre et par la multitude de cursus existants, cette si vaste organisation comportant plus d’un million de personnes et bien malgré tout cela, nos enfants ne savent pas bien lire, écrire et compter… ne se sentent pas si bien que cela dans leur peau et plusieurs millions d’étudiants finissent leur scolarité sans même un métier.

Pour faire encore plus bref, il suffit de constater notre 25ème place du classement mondial pisa !

Dans le prochain article nous poursuivrons cette réflexion et comparerons plusieurs méthodes d’enseignements, qui nous éclaireront probablement sur les raisons de notre échec dans ce domaine et des pistes qui permettraient de redresser la barre.

Un problème persiste aussi longtemps qu’on qu’on n’agit pas sur sa cause exacte

Bien à vous
Marc Roussel

 

PS : Si vous avez des histoires qui illustrent ce propos ou qui au contraire l’infirme, elles sont les bienvenues. Elles seront utilisées dans un prochain ouvrage sur le thème : « Grosses têtes, petits bras » dixit Dany

*Savoir/connaissance : Nous faisons un distinguo arbitraire entre Savoir et Connaissance.

Nous affectons des connotations différences à ces 2 mots.

Nous considérons que le Savoir est ce que nous recevons de l’extérieur comme lors d’une conférence, d’un cours ou en recevant des conseils ou des injonctions ou encore en lisant des livres etc…

et Connaissance, ce dont nous faisons l’expérience.

Sachant que nous ne pouvons réellement maîtriser quelque chose sans en faire l’expérience nous attribuons à Connaissance un statut supérieur à celui de savoir dans la mesure où il y ajoute l’expérience.

Nous aurions à l’autre extrémité du spectre, le vécu qui devient expérience puis connaissance lorsqu’on y ajoute l’examen de sa propre conscience.

*Compétence : Etat d’esprit associé à la maîtrise de comportements caractérisés permettant de produire un effet

Le Manager Ethique

couverture du Vendeur Ethique

Livre le Vendeur Ethique

Rebaptisé : Organiser et Animer son équipe

Les managers qui se savent pas transmettre des savoirs-faire ne peuvent pas faire évoluer leurs équipes. C’est aussi simple que cela.

Découvrez les secrets d’une formation action réussie dans le chapitre : transmettre un savoir faire

(1 commentaire)

  1. Voilà un bout de temps que j’ai écris cet article et je le relis en me demandant qui a bien pu écrire un truc aussi correct… Bref, un peu de brosse à reluire mon égo… Plaisanterie mise à part, je trouve qu’il est encore plus vrai qu’au moment où je l’ai pondu… Notre focus sur l’info nous est monté littéralement à la tête et nous a fait perdre l’usage de nos mains… Portant au pinacle la formule : « Je sais donc je peux » qui est probablement la pire des illusion… La vérité est plus simple mais aussi plus impliquante. Je préfère la formule : « Je fais donc je sais. » Dit autrement, tant que je n’ai pas le faire d’un savoir c’est que ne je sais pas… vraiment ; Et si on veut aller au bout de cette logique Je ne peux pas dire que je sais tant que n’ai pas le RESULTAT correspondant à ce savoir.
    Exemple. Je suis vendeur, je suis capable d’expliquer le cycle de vente mais je ne fais rien… Je commence à appliquer le savoir mais je ne vends pas grand-chose… Je sais, le jour où je conclus suffisamment de ventes par rapport à mes besoins ou mes objectifs. Vous voyez la différence…

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